Mais regarde moi, si ma voix parfois se brise, et parfois tinte, ce n'est pas parce que j'en ai deux, c'est parce que j'aime une seule personne à qui je tends l'endroit, l'envers, et l'intérieur. A qui je dis la joie, la peine. A qui je dis la vérité et qui ne rend jamais la monnaie de tout l'argent que je n'avais pas, et que j'ai donné quand même. Je t'aime imbécile, et chaque ongle que je ronge fabriquera quelque chose de laid à te donner. je t'ai offert du beau, maintenant je vais me saccager. Et tu vas me trouver laide, et tu te rongeras les ongles, et là, on se retrouvera, dans le dégoût que s'inspireront nos doigts écorchés, parce qu'on se bouffera les peaux aussi. et je serai devenue moins aimante, alors je ne trouverai pas çà beau. Mais pour le moment je veux t'aimer, et continuer à te trouver beau parce que je un peu mal, et que, contre cette douleur là, il n'y a guère que le soleil et je sais qu'il est en toi. Ton grenier est un rayon, et ton corps, le vitrail qui laisse à ceux qu'il aime la clarté qui fait que tu es toi. Lumineux, magnétique, généreux. Oui, tu donnes à tous ceux que tu aimes, et j'attendais que tu n'aimes que moi
[...]
Tu as besoin d'air Boubou? Une bonne claque dans la gueule, oui, çà va te remettre les idées en place. Vas-y. Frappe-moi. çà fait trois mois que je fais tout pour que tu me frappes. Je bois, je fume, je pue, je drague, je dors, je regarde la télé, je mange tes affaires, et tu me souris. Quelque chose m'échappe. Je joue à la très petite, j'invente plein d'histoires, j'énerve. Et tu caresses mes cheveux, et j'ai envie de pleurer.
C.Castillon, Le GrenierBlup